La communication de l’enseignement supérieur et de la recherche (#ComESR) : interview du Dircom de l’Université de Perpignan

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Le Cercle des Communicants et des Journalistes Francophones (CCJF) a interviewé Benjamin Héraut, ancien Directeur de la communication de plusieurs hôpitaux et, depuis quelques mois, Directeur de la communication de l’UPVD, de l’Université de Perpignan Via Domitia (www.univ-perp.fr).

Pour une université, quels sont les enjeux en matière de communication publique ?

Comme pour toute institution publique, les enjeux communicationnels d’une université sont multiples. Il s’agit d’abord de valoriser les atouts de l’établissement : la qualité et la diversité de son offre de formation, les conditions de vie étudiante, l’importance de la recherche qui contribue à l’amélioration des connaissances dans de nombreux domaines. Il y a ensuite un enjeu de marketing universitaire car les établissements d’enseignement supérieur sont soumis à un contexte de plus en plus concurrentiel et l’université doit valoriser ses points forts pour que les usagers (parents et futurs étudiants) aient envie d’intégrer l’institution. Enfin, le sentiment d’appartenance constitue le troisième enjeu. Il s’agit de fédérer la communauté (étudiants et personnels) dans un établissement composé de plusieurs sites (12 à l’Université de Perpignan Via Domitia).

Comment communique l’Université vis-à-vis des étudiants ?

Les étudiants (9 500 à l’UPVD) constituent l’une des cibles majeures pour l’université. Pour les toucher et les intéresser, il est important de connaître leurs attentes. À ma prise de fonctions, j’ai souhaité rencontrer les membres du Conseil des étudiants (CDE), regroupant une trentaine de jeunes, toutes filières et niveaux d’études confondus. De nos échanges est ressortie une grande attente en termes de formats vidéo sur les réseaux sociaux. Nous avons donc lancé une web émission, « Au cœur de l’UPVD » que nous diffusons sur tous nos réseaux. Par ailleurs, sur les conseils des étudiants, nous avons décidé d’investir TikTok puisqu’ils nous ont indiqués qu’ils l’utilisaient particulièrement. Il est indéniable que les réseaux sociaux sont les médias les plus pertinents pour toucher une cible de 18-25 ans.

Comment valorisez-vous les travaux de recherche ?

Deux fois dans l’année, l’UPVD publie un magazine recherche, InterSections, à l’attention des enseignants-chercheurs, que nous envoyons aussi aux leaders d’opinion. L’UPVD est également fortement engagée dans ce qu’on appelle « La science avec et pour la société ». L’objectif est de proposer le plus grand nombre d’informations fiables et scientifiquement vérifiées. Le savoir ne doit pas rester enfermé dans les murs de l’université, telle une forteresse imprenable. Bien au contraire, l’université doit « rayonner ». Ainsi, nous avons établi une convention avec un journal hebdomadaire, La Semaine du Roussillon, qui a abouti à la création d’une rubrique « recherche » dans ses colonnes. Chaque semaine, un enseignant-chercheur ou un doctorant propose un article scientifique vulgarisé afin d’être accessible au grand public. L’université y gagne en visibilité et l’hebdomadaire en articles de fond.

La communication interne est-elle importante dans une Université ? Comment s’effectue-t-elle ? 

La communication interne est indispensable car, comme c’est le cas dans toutes les grandes structures, les services ne connaissent pas forcément exactement les missions des collègues. L’une des difficultés se trouve dans la diversité des métiers qui composent l’université : des enseignants-chercheurs, des enseignants, mais également des personnels administratifs et techniques. L’université est une « grande maison » où chacun œuvre pour la réussite et la qualité des conditions d’apprentissage de nos jeunes. Pour toucher nos 950 personnels, nous disposons d’une newsletter hebdomadaire, ainsi que de nombreux événements : journée d’accueil des nouveaux arrivants, cérémonie des vœux, journée « grillade » avant les vacances d’été… Tout ces dispositifs participent au sentiment d’appartenance. L’UPVD est une université à taille humaine, ce qui favorise une ambiance « familiale ». 

Quelles sont les difficultés en matière de communication pour une université ?

La diversité des missions d’un établissement d’enseignement supérieur constitue une source de satisfaction quotidienne pour le directeur de la communication que je suis. Mais cette diversité est parfois source d’incompréhension ou plutôt de méconnaissance. Il est parfois difficile d’expliquer qu’une université n’est pas qu’une « fac », qu’il y a également de nombreux enjeux en termes de recherche, d’insertion professionnelle, d’engagement associatif. L’université est aussi un acteur majeur dans son écosystème : nous avons de nombreux liens avec les institutions et les entreprises du territoire. Il est parfois difficile de faire passer tous ces messages.

Auriez-vous un ou deux exemples d’initiatives de communication inspirantes mises en œuvre par d’autres universités ?

Évidemment, dans nos métiers, il est important d’avoir des relais et des échanges réguliers avec les collègues des autres universités. Je n’ai pas d’exemple précis en tête mais je peux dire que le réseau associatif de communicants de l’enseignement supérieur (Arces et COMOSUP par exemple) permettent d’échanger à la fois sur les bonnes pratiques et les écueils à ne pas commettre. J’espère en tous cas que l’UPVD sera inspirante !

Vous connaissez très bien la communication hospitalière. Quels sont les points communs et les différences entre la communication hospitalière et la communication d’une université ?

L’hôpital et l’université servent tous les deux une mission de service public. Leur communication participe donc à la valorisation des personnes et des dispositifs à l’attention des personnes malades pour l’un et des jeunes en formation pour l’autre. Dans les deux cas, la cible interne est très variée et la cible externe n’est pas constituée de « clients » mais d’ « usagers ». Je n’ai, pour l’heure, que quelques mois de recul à l’université mais, au premier abord, je dirais que la principale différence se trouve dans les relations presse : la santé est un sujet très impactant et, dans les trois CHU où j’ai travaillé (Clermont-Ferrand, Nîmes et Dijon), j’étais quasi quotidiennement sollicité par les journalistes. C’est moins le cas dans l’enseignement supérieur. Mais nous allons tout faire pour que cela change !

Interview réalisée par Damien ARNAUD et publiée en janvier 2025

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