Interview de Joanna Robic, (@Joanna Robic), Responsable du pôle communication de l’Université de Bretagne Loire, vice-présidente de Comosup (association des responsables de communication des universités françaises) et marraine de Lorita Simbou Kombila dans le cadre de notre opération de parrainage « La Route de la Com ». A la fin de cette interview, découvrez des exemples d’actions de communication publique mises en œuvre dans l’enseignement supérieur.

Pourquoi avoir choisi de faire carrière en tant que communicante dans le domaine de l’enseignement supérieur ?

Joanna Robic (JR) : Plusieurs raisons à cela. Très tôt dans mon parcours scolaire, ce fut pour moi une évidence de poursuivre des études en communication. Si au début j’ai pu appréhender le secteur commercial, je me suis orientée en Master vers la communication publique et politique car cela correspondait à mes aspirations professionnelles et personnelles.

La promotion du Service Public est nécessaire et utile pour en faciliter l’accès. En l’occurrence, la question de l’éducation est pour moi primordiale pour répondre à nombre de défis sociétaux. Une mauvaise information sur les parcours possibles conduit à des échecs individuels et même collectifs. J’ai choisi d’intervenir dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche pour donner du sens à mon métier.

Vous travaillez dans le secteur de l’enseignement supérieur depuis plus de 12 ans, quels sont les principaux outils de communication utilisés par les écoles et les universités ?

(JR) : Ces dernières années, la communication du supérieur a évolué comme l’ensemble de la communication publique. Nous opérons parfois en léger décalage avec nos homologues agissant au sein des collectivités territoriales, souvent source d’inspiration.

Bien entendu, le web occupe désormais une place prépondérante dans notre activité. Les campagnes, maitrisées ou non sur les médias sociaux sont significatives pour les (futur-es) étudiant-es qui font désormais leurs recherches en ligne. Pour autant, les traditionnels salons d’orientation et autres journées portes ouvertes continuent à attirer familles et classes. Il ne faut donc pas négliger ces espaces de rencontres « IRL » (dans la vie réelle). Enfin, les relations avec la presse, spécialisée mais aussi locale, constituent un levier incontournable mais disposant de moins de moyens.

Selon vous, quel est le secret d’une action de communication publique réussie ?

(JR) : Comme l’énonçait McLuhan « The medium is the message ». Il me semble effectivement que la réussite d’une action dépend de la bonne identification du canal pour atteindre la cible visée.

Autrement dit, il n’est pas forcément nécessaire d’investir des milliers d’euros dans une campagne d’image multicanale si le but recherché est d’atteindre des usagers utilisant des sources d’informations spécifiques. Pour autant, la qualité et la pertinence du contenu est indissociable pour que l’action porte ses fruits.

Quels conseils donnez-vous à tous ceux qui veulent faire carrière dans ce domaine ?

(JR) : Explorer avant de se lancer et se différencier. Il existe une pluralité de champs d’interventions. Les associations professionnelles proposent des données pertinentes et un regard concret sur les perspectives professionnelles.

Il est aussi important d’appréhender les codes et l’éthique du secteur public. Je fais partie des signataires du manifeste publié dans le magazine Brief en janvier que je vous invite à lire (« Ceci n’est pas mon métier »). Je me reconnais parfaitement dans les mots choisis que je me permets de paraphraser « les valeurs qui nous animent : la bienveillance, le partage des savoirs, la médiation, l’éveil à une citoyenneté éclairée et le sens du collectif et du rassemblement ».

Pourrez-vous nous donner 3 exemples d’actions de communication mises en œuvre par une université et que trouvez particulièrement intéressantes ?

(JR) : Il en existe beaucoup (même si elles sont souvent moins relayées que celles d’écoles… ce qui pourrait faire l’objet d’un autre sujet à développer).

Pour choisir, je vais m’appuyer sur le territoire d’exercice que je connais le mieux : l’enseignement supérieur.

L’Université d’Angers a conçu un « happening égalité ». Dans le cadre de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, l’Université a filmé les réactions des étudiant(e)s face à deux entrées distinctes, l’une pour les hommes et l’autre pour les femmes. Avec l’objectif ensuite de créer le débat et de faire connaître la mission égalité de l’Université d’Angers. Découvrez le reportage.

Par ailleurs, le Mans Université a renouvelé son identité en associant les personnels et les étudiants. En plus de cette dimension participative, le résultat (lancement et déclinaisons) est très réussi selon moi. Découvrez le clip Notre ambition, c’est vous.

Enfin, le nouveau site web de l’Université de Nantes (http://www.univ-nantes.fr/) qui est l’une des plus performantes en France en termes d’écosystème web (à suivre sur Youtube, Twitter, Linkedin, Instagram…).

Interview réalisée par Lorita Simbou Kombila en novembre 2018