#DircomUnMétier : « Le Dircom est force de conseil auprès du cabinet, veille à la cohérence des messages et des outils et à la planification des actions de communication »

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Le Cercle des Communicants et des Journalistes Francophones (le CCJF) a lancé la série : #DircomUnMétier. Une réflexion sur le métier de Directeur/trice de la communication publique.

Interview de Sandrine Chéron, Directrice-adjointe de la communication de la ville d’Orsay

Vous gérez beaucoup de projets de communication. Quelles sont les clés du succès ?

Les clés du succès, c’est la réactivité. Même si c’est pour dire que la demande est bien reçue et qu’elle sera traitée ultérieurement, je mets un point d’honneur à ce que mes interlocuteurs aient confiance en la bonne réception de leur demande et qu’ils n’aient aucun doute sur le fait qu’un retour leur sera fait. Car il est bien entendu que toute sollicitation n’amène pas forcément à une action de ma part ou de celle de la direction. Chaque demande est étudiée, questionnée. Il est primordial de garder le dialogue avec les interlocuteurs et de créer un espace de confiance permettant de travailler intelligemment et en toute bienveillance.

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes ?

Il y en a trois selon moi :

– celle de travailler dans l’urgence sans questionner une demande. Où est le sens ? A qui s’adresse-t-on ? Dans quel but ?

–  celle de « faire le mort » : il faut préserver nos liens avec nos interlocuteurs, quitte à les faire patienter.

–  « Il n’y a pas de pilote dans l’avion » : pour qu’un projet soit mené, il faut un meneur !

Vous menez des campagnes de communication externe. Auriez-vous quelques exemples ? 

On peut citer :

  • celle visant à accompagner le déménagement d’un cabinet médical vers un local temporaire le temps de travaux qui dureront environ 6 mois,
  • celle visant à valoriser le classement des villes où il faut bon vivre et où nous sommes 1ers dans les villes de notre strate
  • celle visant à rappeler les règles de civisme (thème des petites annonces emprunté il y a 2 ans pour parler aux administrés des règles de savoir-vivre comme ramasser les déjections canines, ramasser les feuilles sur son trottoir, ne pas jeter ses cigarettes…)
  • celle visant à accompagner le lancement de notre mutuelle communale destinées aux personnes éloignées de l’emploi vers une offre adaptée à leurs revenus.

Vous pilotez la communication interne de votre ville. Quelles sont les formes qu’elle prend ? Est-elle bien reconnue ?

A Orsay, la communication interne relève d’une commande de la DGS / DRH qui est ensuite traduite par moi au sein de la Dircom. Je suis la seule référente com’ interne à la mairie, cela occupe 50% de mon poste. Je pilote l’Intranet (nouvel appel d’offre il y a 2 ans, échanges avec le prestataire, alimentation des contenus, construction d’un réseau de référents / contributeurs…), mène les campagnes internes (par exemple focus sur les discriminations ou les agissements sexistes au travail via de l’affichage et du théâtre forum organisé par le pôle prévention). J’élabore le chemin de fer de la newsletter RH avec la DRH 2 à 3 fois par an, je maquette le document et je me charge des interviews et déclinaisons web (articles sur l’Intranet et temps de tournages vidéos avec le pôle digital). Je ne fais pas d’événementiel, qui est dispatché entre le Secrétariat général (fête du personnel) et la DRH (petit déjeuner accueil des nouveaux agents, cérémonie de remise des médailles et retraites…).

Evaluez-vous vos actions de communication externe et interne ? Si oui de quelle façon ? Des actions de communication ont-elles été modifiées suite à cette évaluation ? 

Certaines actions bénéficient de plans de communication avec des questionnaires de satisfaction / retours d’expérience qui prennent souvent la forme d’un formulaire en ligne. Les résultats sont partagés sur l’Intranet quand ils permettent d’illustrer un sujet (par exemple X% de personnes ont répondu qu’elles étaient favorables à ce que la prochaine fête du personnel se passe sur Orsay).

Comment s’organise le travail de la Direction de la communication avec le cabinet du Maire ?

Le directeur de la communication est en lien constant avec le cabinet au travers du directeur de cabinet et du Maire lui-même. De nombreux points hebdomadaires sont prévus : point planning photos, points projets spécifiques… Le magazine reste l’outil central stratégique élaboré chaque mois qui demande un gros investissement de la part de notre journaliste et un grand travail d’anticipation des attentes. Trouver l’équilibre entre nos impératifs (souvent d’impression) d’une part et être à l’écoute des exigences politiques d’autre part est un exercice de tous les jours.

Quelles sont les missions quotidiennes d’un ou d’une Dircom ? 

Le Dircom est garant de l’image de la collectivité et du Maire, tant en externe qu’en interne. Il doit donc être clair et exigeant sur le rôle de sa direction : non un service ne peut pas faire une affiche valorisant tel ou tel projet et mise en place dans tel ou tel lieu sans repasser, a minima, par nous avant. Nous nous méfions de ce qui peut sembler anodin pour les services car si on prend le temps de réfléchir à ce dont on parle et son usage, généralement on se rend compte assez vite qu’il faut que ça repasse entre nos mains (tant sur le fond que la forme). Le Dircom et la direction en général a ce rôle d’informer sur nos pratiques, d’expliquer, de faire de la pédagogie sur un ensemble de métiers (journaliste, graphiste, webmestre…) souvent vu comme « des créatifs sympas » là où, derrière, il y a une vraie stratégie, de réels savoirs faire et une certaine réglementation.

Et les missions sur le long terme (plan de com’, stratégie…) ? 

Sur le long terme, le Dircom est force de conseil auprès du cabinet pour échelonner la com’ relative aux projets ou aux messages que le Maire souhaite véhiculer. Le souci de cohérence et le besoin de planifier est une nécessité offrant une vision d’ensemble de la communication institutionnelle.

En communication publique locale, quels sont les métiers et les compétences recherchées ? 

Il faut des métiers print, des métiers web et des métiers de coordination pour créer des passerelles entre les deux. Il faut des managers qui encadrent le tout et gèrent l’aspect RH, des techniciens qui savent de quoi ils parlent (les métiers print et web). En compétence commune, il faut de la patience et surtout de la réactivité pour gérer au mieux les urgences (et il y en a).

Le fait que la plupart des agents des services de communication publique soient des contractuels et qu’il soit très difficile d’obtenir des augmentations pose-t-il un problème en matière de management ? Comment contourner ce problème ? 

Avec le temps, cela est vu comme un manque de reconnaissance, ce qui conduit les agents à partir d’eux-mêmes au bout de 3, 4, 5 ans et plus. Pour celles et ceux qui restent (car le service public offre aussi des horaires plutôt fixes, un sens du travail élogieux : on parle d’offre aux habitants, on ne cherche pas le rendement financier), le risque est de stagner : ils ne vont pas chercher à évoluer ni même à faire évoluer leurs pratiques ou développer leurs compétences. Avoir une équipe qui change tous les 3, 4 ans freine des projets, ne permet pas de faire perdurer un projet de direction et donc, n’est pas bénéfique à la collectivité. Pour le manager, c’est donc difficile et cela pose effectivement problème car il faut fédérer malgré tout et nos métiers demandent de la motivation et de l’entrain. Pour contourner cela, il faut développer la qualité de vie aux conditions de travail (QVCT), proposer encore et toujours des formations, rendre les concours attractifs (peut être repenser le fonctionnement), vulgariser l’environnement de la fonction publique et de son statut.

Interview réalisée par Damien Arnaud et publiée en novembre 2025


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