#DircomUnMétier : « au Togo, il n’existe pas encore de référentiel national unique définissant officiellement la fiche de poste du Directeur de la communication publique »

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Le Cercle des Communicants et des Journalistes Francophones (le CCJF) a lancé la série : #DircomUnMétier. Une réflexion sur le métier de Directeur/trice de la communication publique. 

Interview de Guy-victoire Kanikatoma Sabena sur la communication publique au Togo.

Quelles sont les missions et les compétences requises pour être Directeur ou Directrice de la communication publique dans votre pays ? Existe-t-il des concours de la fonction publique pour être Dircom ?

Au Togo, la fonction de Directeur ou Directrice de la communication (Dircom) a profondément évolué au cours des deux dernières décennies. Longtemps considérée comme un prolongement naturel de la carrière journalistique, en particulier pour les présentateurs ou journalistes issus des médias publics, elle est aujourd’hui reconnue comme un métier stratégique, nécessitant des compétences multidisciplinaires et une formation spécialisée. Avec l’essor des écoles de communication, des instituts spécialisés et des universités formant aux sciences de l’information et de la communication, une véritable professionnalisation du métier s’est opérée créant une ligne de démarcation entre les différents métiers de la communication.

Existe-il dans votre pays des fiches de poste type définissant le métier de Dircom, de responsable com’ et de chargé de communication ?

Au Togo, il n’existe pas encore de référentiel national unique définissant officiellement les fiches de poste du Directeur de communication, du Responsable communication ou du Chargé de communication dans l’administration publique. Cependant, chaque institution élabore ses propres fiches de mission, adaptées à ses besoins, à son environnement opérationnel et à ses priorités stratégiques. Même si elles varient selon les institutions, les fiches de poste comportent toujours un socle commun de missions liées à :

  • élaboration et mise en œuvre de la stratégie institutionnelle,
  • définition des axes narratifs et des messages prioritaires,
  • coordination avec les priorités gouvernementales,
  • relation avec les médias,
  • le digital,
  • la veille stratégique,
  • la communication interne,
  • et progressivement la communication de crise.

Cette approche institutionnelle permet une certaine flexibilité mais reflète également l’évolution progressive vers une professionnalisation de la communication publique.

Justement, quel regard portez-vous sur la communication publique de crise au Togo ?

Au Togo, la communication publique de crise est en construction mais progresse rapidement. Longtemps embryonnaires, ces composantes s’installent progressivement au sein des institutions togolaises. Si certains secteurs disposent déjà de cellules de crise opérationnelles et de plans formalisés, d’autres institutions renforcent progressivement leurs capacités. À l’échelle gouvernementale, la fonction de porte-parolat constitue un élément structurant de la réponse aux crises, permettant une expression centralisée, cohérente et conforme aux instructions hiérarchiques. L’exigence imposée par le numérique rend désormais indispensable la formation des Dircoms et l’adoption de protocoles modernes de réaction. Cette prise de conscience crée une exigence nouvelle et incontournable : les Dircoms nationaux, quel que soit leur secteur, doivent désormais maîtriser les fondements de la gestion de crise, de la veille stratégique, de la scénarisation des messages et de la relation avec les médias. Cette dynamique témoigne d’une volonté nationale de professionnaliser davantage la gestion de crise et de renforcer la résilience institutionnelle.

Interview réalisée par Damien Arnaud et publiée en décembre 2025

(crédits image : Faso7)


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