Le Cercle des Communicants et des Journalistes Francophones (le CCJF) réalise une série d’interviews intitulée #DircomUnMétier. Une réflexion sur le métier de Directeur/trice de la communication publique. 

La dixième interview publiée est celle de Malory Rinoldo, Directrice de la communication et du marketing territorial d’une ville de 18 000 habitants. Dans cette interview, elle s’appuie sur ses diverses expériences en tant que Dircom et responsable communication.

Qu’est-ce qu’un Dircom ? Quelles sont les missions et les compétences requises pour être Directeur ou Directrice de la communication publique dans votre pays ? Existe-t-il des concours de la fonction publique pour être Dircom ?

Pour moi, un(e) Dircom est comparable à un chef d’orchestre qui harmonise différents instruments pour créer une symphonie cohérente. Comme un chef d’orchestre qui s’adresse simultanément aux différentes sections (cordes, vents, percussions), le(la) Dircom coordonne la communication vers des publics multiples : citoyens, médias, agents publics, partenaires institutionnels, élus, etc. Chaque public a ses spécificités et le Dircom doit adapter le message sans perdre la cohérence globale. Il fait jouer ensemble des instruments très différents : le web et les réseaux sociaux, la presse écrite et les relations médias, les événements et la communication interne,  la signalétique et les supports print. Chaque canal a son rythme, ses codes, ses contraintes techniques, mais tous doivent porter la même partition. Le(la) Dircom manage une équipe aux compétences variées (graphistes, rédacteurs, community managers, photographes, événementiels) qu’il doit faire travailler en synergie pour atteindre un but commun. Les objectifs politiques et institutionnels constituent la partition que le(la) Dircom doit interpréter et traduire en actions concrètes de communication. Il apporte son expertise pour donner vie au projet tout en respectant les contraintes (budgets, délais, cadre juridique).
Cette posture de chef d’orchestre explique pourquoi le(la) Dircom doit combiner vision stratégique et exécution opérationnelle, coordonner toutes les ressources pour obtenir un tout harmonieux afin de renforcer la clarté d’une information, la valorisation d’une action, la visibilité d’un territoire.

En somme, polyvalence, écoute et adaptation sont trop qualités essentielles et nécessaires à l’exercice de ses missions. En France, il n’existe pas de concours spécifique pour devenir Directeur(trice) de la communication dans la fonction publique. On peut en passer un pour intégrer la fonction publique ou alors être recruté directement par voie contractuelle. La réussite au concours atteste que l’on sera un fonctionnaire compétent, mais pas que l’on sera compétent en communication publique…. Ce qui n’est pas la même chose !

Quels sont les moments clés dans ce métier de Dircom ?

Gestion de crise, grands événements, changements politiques et période pré-électorale, élaboration de la stratégie annuelle… autant de moments importants dans le métier de Dircom.

Quelles sont les difficultés du métier de Dircom dans le secteur public ?

Le métier de Dircom dans le secteur public se heurte à de nombreuses difficultés qui en font une fonction particulièrement exigeante.

– Les contraintes budgétaires pèsent lourdement sur la capacité d’action, limitant les moyens disponibles pour mener à bien les missions de communication, les besoins étant toujours croissants. À cela s’ajoute un cadre juridique strict qui impose notamment une obligation de neutralité par moment, une égalité de traitement ou des procédures de marchés publics particulièrement complexes, réduisant la marge de manœuvre et la réactivité.

– L’exercice de cette fonction requiert également de maintenir un équilibre politique délicat. Le(la) Dircom doit naviguer quotidiennement entre les exigences de la communication institutionnelle et les attentes du pouvoir politique, une tension permanente qui demande diplomatie et discernement.

– La multiplicité des parties prenantes constitue un autre défi majeur. Le(la) Dircom doit satisfaire simultanément des publics aux attentes parfois contradictoires : élus, direction générale, agents, citoyens, médias, partenaires… Chacun de ces acteurs se sent par ailleurs légitime à donner son avis sur les actions menées. Comme le souligne justement Frédéric Fougerat : « Il ne faut pas confondre avoir un avis et une compétence ».

– Enfin, la charge mentale inhérente à cette fonction est considérable. La disponibilité quasi permanente qu’elle exige interroge sérieusement sur la possibilité réelle d’exercer son droit à la déconnexion, mettant en jeu l’équilibre personnel et professionnel des Dircom du secteur public.

Comment améliorer le métier de Dircom dans le secteur public ?

Pour améliorer le métier de Dircom dans le secteur public, plusieurs leviers peuvent être activés. D’abord, il est essentiel de professionnaliser davantage le recrutement et de clarifier le positionnement du Dircom entre conseil stratégique et exécution opérationnelle, entre communication politique et institutionnelle. La feuille de route de chacun doit être clarifiée.
Il faut augmenter les moyens alloués en termes de budget et d’effectifs pour permettre une communication de qualité sans surcharge permanente des équipes… ce qui dans le contexte actuel, est difficilement réalisable. Le décloisonnement entre les différents services est crucial : la communication doit être intégrée dès la conception des projets plutôt qu’en fin de parcours. Enfin, il est nécessaire de valoriser la fonction par une meilleure reconnaissance institutionnelle et des réseaux professionnels solides permettant le partage de bonnes pratiques.

Interview réalisée par Damien Arnaud et publiée en janvier 2026


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