Ancien Directeur de la communication de plusieurs hôpitaux, aujourd’hui Directeur de la communication de l’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD), Benjamin Héraut partage son point de vue sur le métier de Dircom dans le secteur public en s’appuyant sur ses différentes expériences professionnelles.

C’est la 5ème interview de la série #DircomUnMétier. Si vous souhaitez être interviewé(e) : https://cercledescommunicants.com/2024/05/18/serie-dinterviews-sur-le-metier-de-dircom-repondez-a-3-questions-en-ligne/.

Quelle est la valeur ajoutée d’un Directeur de la communication publique ?

C’est sa capacité à être dans l’échange permanent, que ce soit vis-à-vis de ses équipes ou vis-à-vis des autres services. Si on reprend la racine latine « communicare », c’est créer du lien. Le bon communicant, doit être dans cette recherche de lien en permanence.

En deux mots, à quoi sert le Dircom ?

La chefferie d’établissement, que ce soit la Direction générale, la Présidence, tout dépend des structures, définit la stratégie de l’établissement. Ensuite, le Dircom est là pour donner le tempo et apporter la stratégie de communication, celle-ci étant déclinée dans le plan de com’. Le plan de com’, c’est donc l’application communicationnelle de la stratégie d’établissement. Le Dircom et ses équipes apportent leurs expertises, déclinent les enjeux stratégiques de l’établissement qui ont été définis en enjeux communicationnels. Ils établissent des objectifs à tenir, des outils pour atteindre ces objectifs, sans oublier une phase qu’il ne faut absolument pas négliger, c’est l’évaluation de ces outils et voir si les objectifs souhaités ont été ou non atteints et, s’ils ne l’ont pas été, qu’est-ce qui peut le justifier.

Avant d’être Dircom dans une université, vous l’avez été dans des hôpitaux. Les plans de communication ont-ils la même temporalité ?

Dans les hôpitaux, on a souvent des plans de communication sur quatre ans car c’est la durée des projets d’établissement. Pour l’université, c’est généralement lié au mandat du Président. En d’autres termes, la durée du plan de com’ dépend de celle du mandat du Président.

Quelles sont les missions du Dircom en matière éditoriale ?

Pour ma part, j’ai toujours assuré la rédaction au chef des magazines papiers, des sites web, des émissions vidéos. Le Dircom doit garantir la ligne éditoriale.

Qu’en est-il des relations presse ?

J’ai eu dans mes précédents postes et également à l’Université de Perpignan des chargés de com’ qui m’accompagnent sur les relations presse mais c’est quand même un domaine, plus que les autres, que je souhaite piloter directement.

Les relations presse sont-elles différentes dans une université et dans un hôpital ?

Je note une différence quant aux relations presse qui étaient beaucoup plus nombreuses dans le domaine hospitalier qu’à l’Université. À titre d’exemple, lorsqu’un CHU communique, organise un point presse, on a sept ou huit journalistes. Pour l’Université, il y en a beaucoup moins mais j’ai bon espoir de faire en sorte que ces relations presse se développent.

Quel regard portez-vous sur la vidéo ?

Pour moi, la vidéo est indispensable. Je pense c’est vraiment l’outil majeur aujourd’hui et ça le sera de plus en plus demain.

Comme vous avez pris récemment vos fonctions de Dircom à l’Université de Perpignan, vous n’avez pas encore connu de crises. Comment cela se passait-il à l’hôpital ?

C’est le Dircom qui gère la communication en période de crise. Néanmoins, la communication n’est qu’une des parties d’une situation plus globale qui est la situation de crise. Dans un hôpital, cette situation de crise est gérée par toute une équipe rassemblant, autour du directeur général, des médecins, des directeurs de gestion du risque et le Dircom. En situation de crise, le collectif est indispensable.

En matière de management, quel est le rôle du Dircom ?

Je pense que la communication, peut-être plus que toute autre discipline, c’est vraiment un travail d’équipe où chacun apporte sa pierre à l’édifice. Dans mon management, j’essaie d’être dans une idée de co-construction. Le Dircom doit aussi faire connaître ce que son équipe est à même de faire, l’expertise qu’elle peut apporter dans l’organisation d’un événement, dans la médiatisation d’une action, d’une opération.

Avez-vous constaté une évolution de la perception de la communication publique ?

Nous sommes passés, d’une époque où finalement la communication, c’était un peu la dernière roue du carrosse, les porteurs de projets, organisateurs d’événements, sollicitant la com’ 15 jours avant la date butoir d’un projet qui existait depuis des mois, voire des années… à une époque où, à l’inverse maintenant, tout est considéré comme communication. Désormais, nous sommes amenés parfois à participer à des réunions de pré-projets qui sont vraiment au stade embryonnaire et où on nous demande déjà de réfléchir à une stratégie de communication qui ne sera pertinente que quelques mois plus tard. On est passé d’un extrême à l’autre.

Je crois qu’il ne faut jamais oublier que la communication, c’est une fonction support et que le communicant n’a absolument pas pour vocation de se substituer aux porteurs de projets, à l’organisateur d’une mission, d’un événement ou à un porteur politique. Il n’est là que pour l’accompagner dans sa dimension communicationnelle.

Interview réalisée par Damien ARNAUD et publiée en mars 2025


Les interviews précédentes de la série #DircomUnMétier :


Interview écrite de Benjamin Héraut sur la stratégie de communication de l’Université de Perpignan (#ComESR) : https://cercledescommunicants.com/2025/01/26/la-communication-de-lenseignement-superieur-et-de-la-recherche-interview-du-dircom-de-luniversite-de-perpignan/


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