Le Cercle des Communicants et des Journalistes Francophones lance une série d’interviews sur le journalisme politique et d’investigation dans l’espace francophone. Interview de Larissa Tchinda, journaliste reporter d’images au Cameroun. Il s’agit de son opinion personnelle, laquelle n’engage pas le Cercle des Communicants et des Journalistes Francophones.

(Si vous souhaitez également répondre à une interview : https://cercledescommunicants.com/2024/06/19/cycle-journalisme-politique-et-dinvestigation-groupe-en-ligne-3-questions-a-et-letourdumondepolitique/).

L’accès à l’information et à la construction d’un réseau de sources est-il facile dans votre pays ? Quelles sont les difficultés ? 

Au Cameroun, l’accès à l’information, surtout lorsqu’elle est politique, est facile lorsque la source est l’opposition. Dans un contexte de crise sociopolitique et à l’approche des élections législatives, municipales et présidentielles, l’opposition veut à tout prix renverser le régime et n’a donc pas de choix que d’informer.

A l’opposé, les sources gouvernementales ne donnent l’information qu’à une poignée de personnes.

En ce qui concerne la construction d’un réseau de sources, plusieurs associations permettent aux journalistes de partager l’information. Hélas, les réseaux sociaux constituent le plus souvent la principale source d’information pour les citoyens et les journalistes, ce qui conduit à la désinformation et aux discours de haine.

Les journalistes de votre pays subissent-ils des pressions et des menaces ? Quelles sont les formes que cela prend ? 

Au Cameroun, les journalistes subissent des pressions et des menaces. Un cas récent est celui de Martinez Zogo, assassiné pour ses positions et dont le procès donne lieu à de nombreux rebondissements (voir l’article de RFI : https://www.rfi.fr/fr/afrique/20240709-cameroun-cinquième-renvoi-dans-le-procès-de-l-affaire-martinez-zogo).

Qu’en est-il de la rémunération des journalistes politiques et des enquêtes journalistiques ? Les médias de votre pays misent-ils sur le journalisme d’investigation et le journalisme politique ? 

Au Cameroun, les médias ne misent pas sur l’investigation politique, beaucoup se limitent à de simples reportages par crainte de représailles. D’ailleurs, les moyens financiers ne sont pas mis en jeu pour une bonne investigation. Certains journalistes TV sont par exemple payés à hauteur de 50’000 FCFA, ce qui est très faible, et l’on sait que ventre affamé n’a point d’oreilles.

Interview publiée en octobre 2024

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